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La section des essais de longue durée sera désormais intégrée aux essais de motoplus.ca. Ce blog restera néanmoins ouvert afin de conserver les messages publiés au cours des deux dernières années.

Nous venons de recevoir nos deux montures de l'été, une BMW F800GS et une Honda CBF1000F, ici aux mains de Didier Constant, lors du lancement de presse Honda à Savannah, Georgie, en mars dernier.

Merci à tous de votre soutien. Continuez à nous lire sur motoplus.ca.

Message d'Erik Buell annonçant la fin de Buell

Aujourd'hui nous avons appris avec stupéfaction et tristesse la fin de Buell Motorcycle Company. C'est la fin d'une belle histoire! Dans le cas de notre long terme, elle fera sa dernière balade demain, le 16 octobre. Un aller-retour Montréal/Kingston par une température frôlant le zéro, question de tester ma veste chauffante et de rouler, une dernière fois, sur une Buell.

La fin d'une belle aventure


06 octobre — 10 560 km
Ça y est. C'est fini! Après deux ans de bons et loyaux services, la Varadero est retournée chez Honda Canada. Et ça me désole d'autant plus que, mis à part quelques petites éraflures sur la sacoche de droite, à la suite d'une chute à l'arrêt, elle avait l'air comme neuve. Il faut dire que j'avais remis une bulle de carénage d'origine neuve.

À ce sujet, nous avons enfin trouvé un réglage qui nous convenait en raccourcissant une bulle d'origine de 10 cm. Dans cette configuration basse, le pilote reçoit plus d'air au niveau du torse, mais c'est de l'air frais, dépourvu de turbulences. Je sais que certains propriétaires prennent la direction opposée en installant une bulle plus haute à laquelle ils ajoutent un déflecteur réglable MRA. Mais, là encore, tout dépend des préférences de chacun en matière de conduite. En ce qui me concerne, je n'aime pas être trop isolé de mon environnement. J'aime bien sentir la pression du vent. Quand j'ai commencé à piloter une moto, les carénages n'étaient pas monnaie courante et combattre les éléments faisait partie de l'expérience. Ce qui explique peut-être mon intérêt pour les roadsters. La bonne nouvelle, c'est que quelle que soit votre préférence — bulle courte ou haute, avec ou sans déflecteur — il existe une solution qui fonctionne correctement.

Les pneus Pirelli Scorpion Sync que nous avons installés en remplacement des Bridgestone Trail Wing d'origine se sont avérés parfaits pour un usage exclusif sur route. Ils allègent la direction, offrent une adhérence supérieure et renforcent le côté sportif de la Varadero. AInsi chaussée, elle démontre un penchant marqué pour les virages. De plus, les Pirelli procurent une bonne douceur de roulement. Si vous considérez l'aventurière de Honda comme une moto de tourisme et non comme une double-usage, alors ils s'imposent comme la monte pneumatique idéale.

Je sais que je vais m'ennuyer de la Varadero. De son confort royal — la selle moelleuse et accueillante est vraiment géniale — et de son moteur onctueux et coupleux. Surtout qu'en deux saisons, j'avais fini par la mettre à ma main et l'équiper selon mes besoins. Mais, que voulez-vous? C'est la vie.

Si vous désirez plus d'information, ne manquez pas notre rapport d'essai à long terme sur motoplus.ca. Il devrait être mis en ligne d'ici la mi-novembre.

Didier Constant

La XT quitte la route pour la piste

17 septembre - 100 tours
Il ne viendrait à l'idée de personne de prendre une Buell XB12XT - une voyageuse tout usage - pour faire de la piste. Et pourtant, c'est ce que j'ai fait. Et je ne le regrette pas le moins du monde. Je savais depuis au moins deux mois qu'une journée d'essai, au circuit de l'Autodrome St-Eustache, était prévue à la mi-septembre, afin de tester la nouvelle BMW HP2 Sport. Et j'espérais tourner une bonne partie de la journée aux guidons de la BMW, mais c'était avant de savoir qu'un invité surprise de renom ferait son apparition. Il s'agissait de Bertrand Gahel. Je travaille souvent avec ce dernier, mais c’était la première fois que je devais partager une moto avec lui. Je me suis alors dit que mon temps en piste avec la BMW serait restreint. Et que la Buell pourrait être un jouet très plaisant en attendant que les vieux aient terminé avec la HP2. Mon enthousiasme semblait inquiéter Didier qui n’arrêtait pas de me dire d’y aller mollo. J’y suis allé mollo. Puis, à mesure que je prenais mes repères, que mes sens s’affûtaient et que je découvrais ce nouvel univers pour notre XB, la vitesse augmentait. J’ai fait un premier 60 kilomètres avant de m’arrêter. Que du plaisir! Le freinage a assez rapidement commencé à perdre de son efficacité, m’amenant toujours un peu plus loin dans l’entrée de virage sans que je le veuille vraiment. Par moment, lors des décélérations intenses, je sentais que le train avant voulait chasser. Ce qu’il y avait de plus frustrant, c’est que les autres tournaient avec la HP2 Sport et une RC8. Pas besoin de vous dire que je me faisais bouffer tout cru. Ils sont plus rapides que moi en temps normal; ajoutez le facteur Buell vs bombe de l’année et j'étais ridiculement largué. J’avais beau accélérer avec toute la vigueur que le Twin me le permettait, j’allais rarement chercher plus de 170 km/h à la fin de la ligne droite, alors, qu’au même endroit, j'atteignais 210, voire 220 km/h sur la R1, en juillet. Genou à terre ? Êtes-vous fou ? Je n’ai jamais été même proche. Mais j’ai râpé le coin de mon pied gauche 2 fois. Je n’ai jamais ressenti de dégagement de chaleur excessif. Peut-être parce que j’étais trop concentré, ou que la moto filait trop vite. Est-ce que c’est une moto de piste? Dieu non! Mais j’ai pu faire environ une centaine de tours à son guidon et elle m’a donné beaucoup de plaisir. La même chose ne pourrait pas être dites d’une GL1800, je crois bien. En passant, j'ai réussi à faire une dizaine de tours avec la HP2 Sport, ce qui est pas mal dans les circonstances… Mais ça, c'est une autre histoire. Une que je vous raconterais un autre jour.

Ugo Levac

Môman, c'est fini!

Début septembre — 600 km
Mercredi 2 septembre. Cornwall, Ontario, en direction ouest sur l'ancienne autoroute 2 qui longe le Fleuve... la Varadero vient de franchir le cap des 10 000 km. Plus d'un an après avoir enfourché la bête pour la première fois, et à peine un mois après l'essai de la Suzuki V-Strom 1 000, c'est l'heure du bilan. Je n'aime pas le poids, ni la hauteur de la machine à l'arrêt. Par ailleurs, les turbulences inhérentes à ce type de motos, et ce, malgré les nombreux réglages du pare-brise, sont désagréables. Par contre, j'aime bien la suspension moelleuse (moi qui conduis des sportives muséologiques) — la meilleure selle de l'histoire de la moto! (ma passagère est d'accord avec moi à ce sujet).

Vendredi 4 septembre, 23 h, par une nuit de pleine lune. Hemmingford, Québec, en direction nord-est vers Montréal. L'air est bon, la route est belle, le twin ronronne et je soupçonne ma blonde de faire de même dans mon dos. C'est officiellement notre dernière journée de vacances, en cette fin d'été qui vient à peine de commencer. Je roulerais toute la nuit, mais à peine une demi-heure plus tard nous arrivons à la maison. Déjà fini?

Merci encore Didier! Et viva Varadero!

Claude Privée

Rentrée flamboyante


2 septembre – 600 km
On n’y échappe pas. À moins évidemment de ne pas avoir d’enfant ou de ne pas être enseignant. Dans mon cas, c’est les deux. Cette année, je travaille dans une nouvelle école, pour la première fois depuis des années. Je dois dire que j’ai consciemment utilisé la Buell pour faire mon territoire. Rien de plus plate que l’anonymat. Être le nouveau collègue à moto, j’aime bien. Après trois jours à me pointer avec la XB, mon idée a fait des petits puisqu’il y en a deux autres (collègues) qui ont décidé de faire pareil. Ça me donne aussi une certaine aura auprès de mes jeunes étudiants et ça me facilite subtilement la tâche. Écrasé sous le poids du début de l’année, il n’est pas désagréable de parcourir les 45 minutes qui me séparent du travail à moto. Je n’ai carrément plus le temps de rouler le soir ou même la fin de semaine (j’vous jure, l’enseignement c’est pire que vous croyez), mais je peux me contenter de ma soixantaine de kilomètres par jour. Et puis, j’ai enfin trouvé une utilisation pratique de la chaleur; le matin à l’heure du départ il fait entre 4 et 6 degrés. L’insupportable chaleur du moteur est alors bien venue. La première journée il faisait si froid que je me suis mis à chercher sur les commandes s’il n’y aurait pas des poignées chauffantes. Il y en a. Je n’avais jamais remarqué auparavant. Mais même à intensité minimum, elles dégagent beaucoup trop de chaleur et j’ai dû me résigner à couper l’alimentation rapidement. Les démarrages par temps froid sont assez laborieux et il n’est pas rare que la Ulysses cale. Le boss est sûrement revenu de vacances. Il va probablement m’enlever mon jouet. Soupir...

Ugo Levac

Bourdonnement


18 août — 300 km
Juste avant que le patron ne parte en vacances, il m’a demandé quelle moto je voulais avoir pendant les prochaines semaines. J’ai opté pour la Buell et son bourdonnement peu orthodoxe. On ne dira pas que je ne lui ai pas donné sa chance. Elle affiche encore peu de kilométrage et j’aimerais bien l’utiliser un peu. Malgré ses défauts, elle a un je ne sais quoi. Je suis allé faire un tour à un rassemblement d’amoureux de Subaru modifiées à Lachute avec mon cousin. Arrivé bien trop de bonne heure, j’ai opté pour un chemin inconnu qui allait vaguement vers l’ouest. Les maisons ont fini par devenir rares et la route passablement dégradée. Éventuellement, le bitume a disparu. Voulant prendre une photo de la XB12XT en plein milieu du chemin, je devais pouvoir entendre les autos venir de loin. Mais c’est impossible avec le bruyant sifflement de la ventilation de la moto. Même lorsque le contact est coupé, le ventilo tourne à fond pendant quelques minutes. Impossible de revenir tard en soirée sans ameuter toute la maisonnée. Alors, j’ai dû attendre. La XT affiche environ 2 500 kilomètres et le problème de chaleur ne s’est pas dissipé le moins du monde comme certains l’avaient prédit. Dernièrement, j’ai découvert qu’en roulant les genoux franchement écartés le problème était moins cuisant. Mais par le fait même, le pilote se transforme en filet à papillons géant. Je n’ai pas capturé de papillons. Mais un vigoureux bourdon (pas une vulgaire guêpe, un bourdon s’il vous-plaît) s’est ramassé très près de mon entre jambes et a décidé de me piquer. Ça fait mal, surtout quand on ne s’y attend pas. Je ne me suis pas planté, mais c’est passé proche. Est-ce ce qu’on pourrait appeler l’effet Buell?

Ugo Levac

Plus de peur que de mal!


04 août - 125 km
Jeudi dernier, j'ai laissé la Ulysses chez Moto Internationale pour un entretien programmé. La moto avait franchi le cap des 2000 km et avait besoin d'une inspection de routine et d'huile fraîche à la veille du long périple estival qu'elle devait bientôt entreprendre. À l'heure prévue d'aller chercher la Belle, j'ai reçu un coup de fil de Ginette, la gérante de service du département Buell/Harley, m'avisant qu'un bruit inquiétant dans le moteur méritait une attention particulière et que, conséquemment, la XB12XT resterait au garage pendant toute la fin de semaine. Inquiet, je me demandais si j'allais perdre ma compagne d'aventure pour le reste de la saison. Puis, après avoir envisagé le pire et avoir été privé de ma moto pour quatre jours, j'ai été avisé, hier soir, qu'il ne s'agissait en fait que d'un problème de tensionneur de chaîne de distribution. Un incident mineur corrigé facilement. Plus de peur que de mal donc. J'ai récupéré la Ulysses ce matin. Fringante et rutilante. Propre comme un sou neuf. Et prête pour de nouvelles aventures. J'avoue cependant avoir eu peur de la perdre pour le reste de la saison. Avant même d'avoir pu évaluer son potentiel. Avouez que c’eut été dommage!

Didier Constant

Varadero: le retour


4 août - 400 km
La Varadero a fait un retour dans mon garage… encore. Cette fois-ci, j’ai décidé de faire de cette Honda un objet de bonheur. D’abord, j’ai aidé ma belle-sœur à déménager, encore, et je me suis présenté sur les lieux du supplice avec mon fier destrier. Comme il y a eu quelques aller-retour entre les deux adresses, j’ai pu m’amuser un peu et me rafraîchir entre chaque effort avec ma monture.

Puis ma femme a effectué son retour à la moto. Nous avons profité de la première journée de garderie de la petite pour nous distraire un peu en allant faire une petite virée bien pépère – demande exprès de la madame – à la limite des Laurentides. Ça devait bien faire un bon deux ans que Marie-Soleil n’avait pas roulé. Elle n’a pas trouvé ça facile de descendre du monstre, surtout avec les valises en place, et elle se demande comment elle a déjà pu, un jour, me suivre sur mes supersportives. Le freinage de la Varadero a clairement montré qu'il n’était pas assez puissant lors de cette balade. Comme je devais rouler le plus doucement possible, je m'arrangeais pour que les freinages soient aussi doux. Mais la moto ne ralentissait jamais autant qu’elle le devait et je devais finalement appliquer une bonne pression en fin de course pour ne pas me ramasser six pieds passé la ligne d’arrêt. Pas très commode dans les circonstances. Et je ne vous parle pas de la hauteur de selle impressionnante. Sinon, rien à signaler au royaume des Levac...

Ugo Levac

Buell Ulysses XB12XT

Un petit vidéo-clip de la Ulysses en action. Pour le plaisir des yeux...

C'est quand l'été?


20 juillet - 740 km
Vous avez sûrement remarqué que nos billets étaient moins fréquents ces derniers temps. En fait, la raison en est fort simple. Il fait tellement mauvais depuis le début du mois de juillet (juin n'était pas beaucoup mieux me direz-vous) que nous roulons moins que prévu. Et, comme il faut assurer la production des essais routiers pour motoplus.ca, nous donnons priorité aux machines de test que nous avons en notre possession pour une courte période de temps chaque fois. Entre le roulage et les photos, le temps passe à la vitesse d'une R1... vite! Très vite même.

Pour faire un récapitulatif, j'ai installé une bulle de carénage raccourcie de 5 cm sur la Varadero. La turbulence a légèrement diminué, mais pas suffisamment pour que ce soit significatif. En fait, après avoir essayé deux bulles à quatre hauteurs différentes, le problème persiste. Je me demande s'il ne résulterait pas plutôt d'une largeur insuffisante de la bulle. À moins qu'il y ait un vice de conception avec le carénage...

Les pneus Pirelli Scorpion Sync que j'ai installés sur la Varadero continuent de m'étonner. Le comportement de la Honda s'en trouve amélioré au point où je me sens nettement plus en confiance à son guidon.

Quant à la Ulysses, un petit séjour sur la piste de l'Autodrome Saint-Eustache a révélé son potentiel sportif. Étonnant pour un gros trail routier à valises! Si la chaleur dégagée par le moteur est toujours gênante, la fraîcheur de ce mois de juillet permet de minimiser cet inconvénient. Pour l'instant, je m'en accommode très bien. Et sur les longs parcours à vitesse d'autoroute, la Buell est bien tempérée.

Avec l'arrivée des vacances — et celle du soleil, nous l'espérons —, nos deux compagnes d'aventures devraient voir un peu plus d'action. Nous ne manquerons pas, à cette occasion, de vous tenir informé de leurs performances et de leur tenue.

Didier Constant

Retour vers le confort

20 juillet - 122 km
Après avoir piloté des sportives de très haut niveau depuis une semaine, le retour sur la Buell a été plutôt bien accueilli par mon corps meurtri. Malgré tout, je manquais d’enthousiasme lorsque le patron m’a annoncé que je reprenais le Twin américain. Il ne faut pas m’en vouloir; je descends d’une R1 de l’année à la fine pointe de la technologie; il n’y a donc rien d’excitant à enfourcher une mécanique de Sportster après ça. N’empêche que lorsqu’on a tiré à la courte paille, lors de la journée d'essai sur piste, pour savoir qui irait chercher le lunch (évidemment, j’ai perdu), j’étais plus qu’heureux de me décoller un peu des cadrans des sportives et de pouvoir jouir de trois valises rigides pour ramener les sandwichs des gars. La position me convient mieux que celle de la Varadero sur laquelle le guidon semble un poil trop haut pour moi. J’ai remarqué que la Ulysses a aussi un problème de turbulence, mais les épaules sont tellement secouées par le vent qu’on ne se rend pas vraiment compte que le casque est aussi affecté. Malgré tout, je dirais que le problème est moins flagrant que celui de notre Honda. Pour ce qui est de la chaleur, si on écarte la jambe d’environ trois ou quatre pouces du cadre, on ne la sent presque plus. C’est une bonne nouvelle. La mauvaise c’est qu’avec l’emplacement des repose-pieds et de la selle, la pose n'a rien de naturel. Par contre, ma fille était bien heureuse de revoir la grosse moto rouge dans notre cour.

Ugo Levac

Construction émotive


28 juin — et quelques kilomètres de plus
Bien que plusieurs me connaissent comme un chialeux douillet lorsqu’il est temps de parler, par exemple, de l’onctuosité d’une selle, je ne suis pas de nature à me plaindre de la température. Tant qu’il fait mi-ensoleillé et que le mercure oscille entre 22 et 24 degrés, tout est bien pour moi… Mais avec le temps maussade des 2 dernières semaines, y a de quoi ronchonner. Lorsque j’ai vu une éclaircie en fin d’après-midi en revenant d’une fête d’enfants, j’ai largué femme et bébé au profit d’une courte virée sur mon bouillant destrier.

Honnêtement, je commence à m’y attacher. Il y a bien des trucs qui mériteraient d'être améliorés, comme les indicateurs du tableau de bord qui sont difficilement lisibles sous le soleil, mais l’expérience particulière que livre la XB commence à me plaire. Je persiste à croire qu’il faut avoir perdu toute sensibilité dans le bas du corps pour ne pas ressentir la chaleur qui émane du V-Twin de Milwaukee ou être amoureux de sa Buell au point d’être dans le déni le plus total. On m’a informé que ce problème s’amenuiserait avec le temps et les kilomètres. Je ne demande qu’à le croire. On verra bien à la fin de l’été.

Ça ne m’empêche pas de commencer à l’aimer sérieusement. En plus, l’exclusivité est flatteuse. Après être tombé par hasard sur un couple d’amis de longue date (Ian trouve « qu’ils » me passent des motos pas pires du tout cette année) je suis allé faire un tour dans les petites rues sur le bord de l’eau à Rosemère. En revenant, j’ai reçu une barre d’acier de 20 pouces de long sur le bout du pied à 110 km/h. Avoir été en gougounes ou en souliers souples j’aurais maintenant un pied à 6 ou 7 orteils. Un bon argument pour le port des bottes.

Ugo Levac

Sur la bonne voie!


24 juin - 320 km
Cette année, il faisait très beau pour la Saint-Jean. Trop pour rester cloîtré à la maison ou pour déambuler dans les rues de Montréal à la recherche d'un peu de fraîcheur. Ma femme et moi avons donc décidé d'aller faire un tour de moto. Du côté de Frelighsburg, dans les Cantons-de-l'Est. En prenant le chemin des écoliers. Ce qui ne nous a pas empêchés de tomber sur des bouchons monstres de plusieurs kilomètres sur l'autoroute 10, en raison des travaux. Vive le Québec! On n'a plus le droit de rouler l'hiver et on fait du surplace dans la canicule l'été...

Toujours est-il qu'il s'agissait de ma première véritable sortie avec la Varadero chaussée en Pirelli. Et je dois dire que le changement est notable. La direction est plus légère qu'avec les Bridgestone. La moto s'inscrit très facilement en virage et maintient sa trajectoire imperturbablement. Un vrai rail. Même en duo. Bizarrement, la Honda a aussi gagné en maniabilité. Ce dont je ne me plaindrais pas.

Par contre, les turbulences sont toujours présentes et gênantes. À la fin de la journée, j'étais assourdi par le bruit de l'air qui tourbillonnait autour de mes oreilles, bien que je porte des bouchons auditifs, et ma femme ressentait des douleurs au niveau du cou. La modification du pare-brise est en cours et je devrais pouvoir essayer une bulle raccourcie d'ici la semaine prochaine. J'espère que cette simple modification suffira à résoudre le problème, car la Varadero deviendrait alors une moto d'aventure presque sans reproche. Il restera alors à abaisser la selle. Mais du coup, le pare-brise ne redeviendra-t-il pas un problème? Hum? Ça commence à ressembler au problème de la quadrature du cercle!

Didier Constant

Hot, hot!


24 juin - 120 kilomètres
Il faisait chaud lors de cette Saint-Jean 2009. Sur mon balcon ensoleillé, le thermomètre affichait 38 degrés. Je me suis dit : « tiens, ça serait amusant d’aller me promener à Montréal sur une moto américaine rouge Canada immatriculée en Ontario, le jour de la Fête nationale ». Ne reculant devant rien et n’écoutant que mon courage, j’ai décidé de faire un test de cuisson. J’ai donc enfilé mes pantalons de cuir pour voir si le problème de chaleur était plus supportable. Comme j’avais besoin d’une destination, j’ai opté pour le domicile du patron histoire de lui remettre une clé USB qu’il m’avait prêtée. La température globale du bas de mon corps était élevée, mais dans l’ensemble ma jambe droite était relativement épargnée. Il faut dire que les gros vents frontaux que je devais affronter aidaient au refroidissement. Toujours est-il qu’après 45 minutes de questionnement je me suis ramassé chez Didier… qui n’était pas là. Alors, je suis allé voir ma mère, à Rosemère, à 40 minutes de là. Elle n’y était pas non plus. Je me suis dit que mon p’tit frère réglerait probablement mon besoin de parler à un être humain qui n’est pas ma femme (elle dormait alors avec la p’tite dans la canicule). Bingo! Lorsque je lui ai demandé s’il avait envie de faire un tour sur quelque chose de vraiment différent, il a hésité. La chaleur ambiante a eu raison de lui, mais pas de sa charmante copine, Nova, qui est revenue toute pimpante avec son casque de scooter pour faire un tour, en tenue minimaliste (il faisait chaud, je vous l’ai dit?). Bien que confiant en ma conduite, j’étais un peu inquiet d’embarquer une dame si légèrement vêtue. Et si l’improbable arrivait? Cramponnée à moi comme une agréable ventouse, Nova semble avoir apprécié sa petite balade autour du quartier. Il faut reconnaître que c’est dur de résister à une vraie moto d’homme quand on est habitué à un BW’s. Prends des notes fréro !

Ugo Levac

Bien cuit!


23 juin — pas beaucoup de kilomètres...
C’était bien amusant de tourner en rond et de passer devant la lentille du patron avec la Buell. Mon temps en selle a plutôt été limité lors de cette première journée. J’ai trouvé qu’elle tremblait vraiment beaucoup. Quelques jours plus tard, j’ai pu venir la chercher chez le patron. Normalement, j’aurais dû hériter de la Varadero, mais le boss a eu la bonne idée de me passer la XB. Comme ça j’ai pu faire mon essai en bonne et due forme histoire qu’il finalise son article. La chaleur est vraiment un problème. Le moteur était complètement froid à mon départ et en moins de six kilomètres il me cuisait assez l’intérieur de la jambe pour que je doive carrément me sortir le pied pointé vers l’accotement pour me rafraîchir. Pourtant, il faisait frais. Qu’est-ce que ça sera en pleine canicule? Les hommes dans la trentaine semblent particulièrement apprécier cette moto. J’aime de plus en plus le son du V-Twin en pleine accélération. Faudrait bien que j’enlève les valises et que je fasse un test de vitesse de pointe. Je me demande si avec mes pantalons de cuir le problème de la chaleur sera moins grave ou au contraire si elle s’acculera dans l’épaisseur du matériel et lorsque je la sentirai, il sera trop tard. J’ai mis à profit le top case en la personne d’un quatuor de hot-dog de la pataterie du coin.

Ugo Levac

Heureux qui comme Ulysse....

© Claude Privée

15 juin - 100 km
Samedi, j'ai profité de ma visite au circuit ICAR de Mirabel, hôte de la deuxième manche du championnat canadien de Superbike, pour récupérer la Buell XB12XT que nous allons avoir en essai long terme cet été. Même si j'ai déjà eu l'occasion de piloter cette machine lors de sa sortie, à l'automne 2005, j'ai été surpris de redécouvrir une aventurière sportive d'un genre unique qui se démarque réellement de tout ce qui se fait sur le marché. Avec son V-Twin Thunderstorm (issu de la HD Sportster) de 1203 cc refroidi à l'air qui développe 103 ch à 6800 tr/min et 84 lb-pi à 6000 tr/min, la Ulysses bébéficie d'une présence indéniable. Confortable, maniable et bien équipée, elle semble prête à nous suivre dans nos aventures les plus folles. À nous faire découvrir le pays avec armes et bagages, à son rythme, à sa manière. Et franchement, j'ai hâte...

Didier Constant

Back in business!

12 juin - 500 km
Et voilà, c’est reparti pour une autre saison. Le patron a eu une bonne idée de garder la bête pour une deuxième année consécutive. Comme il était parti en Europe pour deux semaines, je n’ai pas trop eu à le supplier pour pouvoir la garder durant son absence. Le retour sur la selle de la Varadero s’est bien déroulé. Bon, il n’y a plus la magie de la surprise, mais d’un autre côté je sais comment contourner ses faiblesses. La principale concernait le poids haut perché qui rend tous les déplacements à basse vitesse pénibles. Elle n’a pas vraiment changé, mais je sais à quoi m’attendre et je n’ai plus de sueurs froides à son guidon. Pour ce qui est de la vibration au niveau du casque à vitesse d’autoroute, je n’ai que rarement été à ces vitesses dernièrement et uniquement pendant de courtes secondes (lors de mes accélérations boulet de canon). Par ailleurs, je ne suis pas allé faire de balades avec la Honda me limitant à aller au boulot (et en revenir) lorsqu’il ne pleuvait pas. Je suis tout de même parvenu à ajouter 500 kilomètres à l’odomètre en effectuant le trajet boulot-dodo. J’ai encore un peu de difficulté à trouver la position idéale. Comme si je n’étais pas habitué à avoir le dos si droit. Le dos-d'âne (un solide!) qui marque l’entrée du stationnement au boulot est devenu un obstacle incontournable. Je me lève bien droit debout sur les pédales, l’aiguille de vitesse bien bloquée à 45 km/h et vlan! C’est à peine si je le sens, un délice. Faudrait que j’essaie la conduite hors route un de ces jours.

Ugo Levac

Retrouvailles

11 juin - 1200 km
Depuis maintenant presque 2 mois, la Varadero a repris du service. Après une bonne mise au point, pour débuter la saison du bon pied. Pas de long voyage à son actif dernièrement, seulement des sorties quotidiennes dans et autour de Montréal. Question de nous refamiliariser avec cette moto attachante.

En fait, la raison pour laquelle nous prolongeons cet essai de longue durée est simple. Nous avons décidé de nous attaquer à certains des points faibles de la Varadero (hauteur de selle élevée, poids haut perché, turbulences causées par la bulle de carénage) afin de voir s'il était possible de les éliminer et de transformer la routière Honda en aventurière ultime. Nous avons récupéré plusieurs bulles de carénage que nous allons couper à différentes hauteurs pour vérifier si une simple opération comme celle-ci suffira à annuler le sifflement que celle d'origine cause au niveau du casque (dans ses 2 réglages de hauteur). Nous avons également commandé une selle de remplacement Honda que nous allons modifier dans le but de réduire l'assise. Ce qui permettra aux pilotes de taille moyenne de mieux poser les pieds au sol et réduira l'impact du poids placé haut.

Puis, comme nous ne ferons pas vraiment de hors route avec la Varadero cet été, nous avons remplacé les pneus mixtes Bridgestone Trail Wing d'origine par des Pirelli Scorpion Sync à vocation routière et à gomme plus tendre. Le changement de pneumatiques s'est traduit par un allégement de la direction et un accroissement de la maniabilité et de la traction. Ainsi chaussée, la grosse Honda se montre un poil plus sportive et moins intimidante à piloter. Nous vous tiendrons au courant de l'évolution de son comportement au fil des kilomètres. Restez en ligne!

Didier Constant

Séparation forcée

17 octobre - 47 km
Et voilà, c'est définitivement la fin! MA CBF1000 est retournée chez son véritable propriétaire : Honda Canada. Avec plus de 8 000 kilomètres au compteur (dont 5 000 que j'ai personnellement effectués) elle a été de toutes nos aventures. Pendant plus de 5 mois, elle m'a fidèlement servi. C'est donc la mort dans l'âme que je m'en suis séparé, mais à cause du temps froid (entre -1 et 3 degrés le matin), j'étais dans l'impossibilité de m'en servir depuis déjà une bonne semaine.

Rétrospectivement, je dirais que même si on ne peut pas parler d'un coup de foudre entre elle et moi, notre relation s'est construite au fil des kilomètres, jusqu'à devenir fusionnelle. La puissance et le couple (surtout) sont suffisants pour s'amuser, même si «le boss» trouve que je n'ai pas assez usé le côté des pneus. Ce n'est pas le genre de puissance brute qui vous donne carrément la frousse, comme sur une B-King par exemple, mais une telle débauche de chevaux fous est-elle vraiment nécessaire? Non, évidemment, c'est un simple constat que je dresse ici. J'espère qu'on prendra bien soin de MA moto. Je dirais que la barre est assez haute pour ma prochaine monture à long-terme (qui ne doit pas être une 125 cc, hein boss!).

Ugo Levac

L'aventurière-sport

19 septembre - 417 km
Aujourd'hui, je suis allé me balader avec Patrick, un lecteur de motoplus.ca qui se trouve être le beau-frère d'un de mes amis. Après une couple de saisons au guidon d'une Ducati Monster 620, Patrick s'est acheté une BMW R1200S 2007 durant l'hiver. Afin de profiter au maximum de sa nouvelle monture avec laquelle il est tombé en amour, il a suivi un cours de conduite avancée, au circuit de St-Félicien, lors d'un voyage au Lac St-Jean. Puis il a participé à plusieurs journées d'essais libres au circuit Mécaglisse, à Notre-Dame-de-la-Merci. En plus de parcourir 16 000 km durant l'été, au Québec et aux États-Unis. Un vrai passionné, comme on les aime!

Patrick et moi nous sommes rencontrés lors du Salon de la moto de Montréal, en février dernier, et, depuis, nous avons entretenu un échange épistolaire régulier. Nous nous étions alors promis de faire une «ride» ensemble, mais, comme c'est souvent le cas dans ce genre de situations, l'occasion ne s'était jamais présentée... jusqu'aujourd'hui. Et pour le faire exprès, la dernière moto sportive que j'ai eu en essai, la KTM 990 Super Duke R, a quitté mon garage en fin de semaine dernière. C'est donc la Varadero qui me servirait de monture en l'occurence.

Ce matin, le soleil était radieux et le fond de l'air frais, presque frisquet. Des conditions idéales pour rouler. Après avoir échangé les banalités d'usage, nous nous sommes mis d'accord sur un itinéraire «sportif», fait de routes secondaires sinueuses, à l'écart des autoroutes. Nous commencerons par la 341 Nord, de l'Épiphanie à Rawdon, de là nous rejoindrons Val-St-Côme et Notre-Dame-de-la-Merci par la 337 Nord, la 343 Nord et la 347 Nord, puis St-Donat par la 125 Nord. Après le lunch, direction Lac Supérieur, par la 125 Nord et une petite route rapide dont j'ai oublié le nom. De là, nous mettrons le cap sur Mont-Tremblant et nous prendrons la 327 Sud jusqu'à Lachute pour rejoindre Montréal par la 148 Est et la 440 Est. Comme vous le voyez, rien que des belles routes.

Comme je n'avais jamais roulé avec Patrick, je l'ai laissé ouvrir le chemin et imposer son propre rythme. Il a commencé un peu timidement, ne sachant pas trop comment je réagirais, puis, après Rawdon, il s'est dégené et a mis du gros gaz. La cadence est alors passée de rapide à sportive. Et, pour être tout à fait franc, ça faisait mon bonheur. De prime abord, la Varadero ne semble pas être le véhicule de choix pour ce genre d'excursion. Pourtant, si on fait exception de la section très sinueuse de la 347 N, entre Val St-Côme et Notre-Dame-de-la-Merci, elle s'est montrée très efficace. Grâce à son couple abondant, elle négocie ces routes viroleuses avec facilité, sans qu'il faille abuser de la boîte de vitesses. Seules ses suspensions la trahissent parfois et vous rappellent que vous êtes au guidon d'une grosse aventurière et non d'une sportive. Les repose-pieds ont bien frotté à une ou deux occasions, mais à aucun moment la Varadero n'a dévié de sa trajectoire, ni manqué de garde au sol. Évoluant régulièrement dans la partie élevée de sa bande de puissance au cours de cette sortie, elle a démontré une puissance étonnante sans jamais s'essouffler. Ni rechigner à la tâche. Depuis le début de saison, la Honda m'a accompagné dans une multitude de sorties, la plupart correspondant parfaitement à son mandat. Mais, elle ne m'a jamais autant impressionné qu'aujourd'hui. Hors de son élément et poussée dans ses derniers retranchements, elle ne s'est pas avouée vaincue et a tenu tête à une opposition nettement mieux adaptée au parcours choisi et au rythme adopté. Une belle preuve de polyvalence!

Didier Constant

Pronom possessif

13 septembre - 92 km
Je peux maintenant dire que la CBF1000 fait partie de ma vie. Je m’en sers à toutes les sauces dans mon train-train quotidien. Aujourd’hui, par exemple, je suis parti faire une virée en ville (très pratique une moto pour se faufiler) et au retour j’ai fait des emplettes dans un magasin de jouets (commande spéciale de mon épouse). J’utilise la 1000 pour aller au travail une journée sur deux depuis la rentrée scolaire. Ainsi chaque début et chaque fin de journée, j’ai droit au plaisir solitaire motocycliste sans pour autant gruger du temps à ma nouvelle vie de père de famille. Tout ce qui manque à ma CBF à ce stade ce sont des sacoches rigides. J’ai bien écrit MA CBF parce que tranquillement elle m’a conquise. J’ai appris à vivre avec elle. J’aime son couple, j’aime sa manière de m’offrir la possibilité de m’éclater à l’occasion sans pour autant que je ne me sente frustré à des vitesses légales. Ce n’est donc pas LA Honda long terme de Motoplus qui trône dans mon garage, c’est MA moto. Le retour des clefs sera douloureux.

Ugo Levac

Moto, boulot, dodo...

25 août - 70 km
Non, je n’abdiquerai pas. Je vais prolonger l'été le plus longemps possible, dans ma tête à tout le moins, et me persuader que les vacances sont éternelles. Pour ça, j’ai décidé d'aller bosser avec la CBF. S’il est vrai que le chemin emprunté pour me rendre au boulot est d’une platitude monumentale – platitude exacerbée par le fait que je vais travailler –, il est aussi vrai que c’est un brin plus intéressant que coincé dans ma caisse. J’ai battu mon meilleur chrono sur quatre pneus de plus de trois minutes pour un total de 31 minutes porte à porte. La Honda offre l’avantage de se faufiler et de profiter des files les plus rapides en alternance sans problème. Malheureusement, comme je suis arrivé au boulot trop tôt, personne n’a pu m'admirer sur mon destrier mécanique. C'est bien la peine! Pour l’égo, il va falloir reconduire l’expérience... quitte à tourner en rond devant l'école pendant plusieurs minutes, le temps que mes collègues et élèves arrivent et me voient. Futile, mais tellement valorisant comme expérience!

Ugo Levac

Invitation au voyage

1 450 km - du 16 au 23 août
En dehors du fait qu'elle m'a permis de renouer avec une région que j'adore pour sa beauté intemporelle et son calme serein, cette semaine de vacances dans le Bas du Fleuve a été l'occasion de confirmer l'extraordinaire potentiel au voyage de la Varadero.

Chargée comme une mule, la Honda s'est révèlée aussi efficace que confortable. La selle vous incite à rallonger votre itinéraire, à suivre le chemin des écoliers et musarder au gré de votre humeur. Les suspensions, qui initialement paraissent relativement souples s'avèrent en fait idéalement calibrées pour les voyages au long cours. Elles gomment les irrégularités de la chaussée comme si elles n'existaient pas. Vous avez l'impression de rouler sur un coussin d'air. D'autant qu'aucune vibration ne vient tempérer votre enthousiasme. Le moteur puissant et surtout très coupleux s'adapte parfaitement au rythme de ce type d'excursion où le meilleur moyen de parcourir de longues distances rapidement est d'adopter une cadence suffisamment soutenue pour ne pas se déconcentrer et régulière pour conserver une bonne moyenne. Si la vitesse est trop élevée, la fatigue et la consommation d'essence vous obligeront à arrêter souvent et vous perdrez du temps.

Ce périple a également mis en lumière plusieurs défauts de la Honda, certains mineurs, d'autres rédhibitoires.
  • Le porte-bagages qui n'est pas ajouré ne facilite pas l'arrimage des bagages. Personnellement, j'utilise des sangles en nylon. Sur la Varadero, c'est quasiment impossible. Il faut recourir aux tendeurs, au risque d'endommager les plastiques et la peinture.
  • Le poids haut perché de la XL1000V et sa hauteur de selle importante sont amplifiés par la charge (un passager, un sac de marin et un sac de réservoir extensible plein à craquer) qu'elle doit transporter pour l'occasion. Les manœuvres à basse vitesse ou les déplacements de la machine à la main prennent vite des allures de parcours du combattant. Mais tout ça est secondaire et on s'y habitue bon gré, mal gré.
  • En fait, ça n'est rien en regard des turbulences créées par la bulle de carénage. En position basse, un flot continu d'air vient frapper votre casque au niveau des oreilles, générant un bourdonnement insupportable à la longue, même si vous portez des bouchons auditifs. En position haute, les turbulences frappent le dessus du casque. Il en résulte un sifflement agaçant et permanent accompagné d'une pression exagérée sur les cervicales.

Personnellement, j'aimerais avoir une ou deux bulles de rechange pour faire des essais et régler ce problème qui, selon moi, empêche la Varadero de s'exprimer au plus haut niveau. C'est d'autant plus dommage que dans son rôle de routière elle excelle. Peu de motos peuvent rivaliser avec elle à ce chapitre. Allez, Mr. Honda! Un p'tit effort et faites-nous une bulle qui fonctionne parfaitement. La Varadero le mérite!

Didier Constant

Deux perles rares...

365 km, 23 août
Essayez de trouver une femme qui vous laisse partir deux jours de suite sans vous faire de reproche alors qu’elle reste à la maison avec notre fille de 3 mois... Une perle rare. J’étais supposé d’aller faire une petite virée innocente dans le nord – encore – mais je me suis laissé ensorcelé par le plaisir de rouler. Ça m’a mené en face du Parlement et de la Cour Suprême à Ottawa! Au départ il ne faisait que 15 degrés, mais à mon retour, le thermomètre indiquait plutôt 30. Le trafic du samedi est franchement pénible. Pas possible de rouler plus vite que la vitesse indiquée. Il y a tellement de motocyclistes sur la route 148 que j’étais sincèrement écoeuré de leur envoyer la main au retour. Mais j’ai hâte de saluer un motocycliste sur une autre CBF1000; je semble être aux commandes de la seule unité du pays!

Ugo Levac

Déjà la fin de l'été?

230 km, 22 août
Quoi de mieux qu’une petite virée dans le nord? Je ne me tanne jamais de ma route préférée. Il fait chaud, mais en arrivant sur la 364, à l'approche des premiers lacs, la température chute d’un bon 4 ou 5 degrés. À mi-chemin entre la concentration et la relaxation, j’évolue à un rythme à peine illégal. Lorsque je force un peu plus l’allure, je relâche les gaz et je n’utilise que le frein avant pour fixer ma vitesse d’entrée en courbe. Le système de freinage combiné CBS(Combined Braking System) de Honda fait un maudit bon travail. Puis, sans avoir rétrogradé, j’enroule l’accélérateur en milieu de courbe. Le grondement du moteur devient de plus en plus aigu et la CBF me propulse vers le prochain virage, qui n’est jamais bien loin. J’ai jouis de cette sortie encore plus qu’à l’habitude parce que le patron m’a rappelé, via son blog, que je reprenais du service d’ici quelques jours. Troquer une selle et un guidon de Honda pour un siège de bois vernis et une valise en cuir de professeur n’a rien de rigolo.


Ugo Levac

Première inspection

11/13 août
À la veille de notre départ en vacances, nous avons décidé d'amener nos deux Honda au garage, pour leur première révision. La Varadero affichait 4 300 km au compteur et la CBF1000 4 860 km quand elles ont été inspectées. Rien à signaler sur aucune des deux machines. Elles sont en pleine forme et ont largement dépassé les 5 000 km depuis lors. Personnellement, je suis parti dans le Bas du Fleuve avec mon épouse, sur la Varadero. Je vous ferais partager nos balades à mon retour. Quant à Ugo, il poursuit sa relation avec la CBF1000... en attendant la rentrée des classes, dans quelques jours...

Bonnes vacances à tous! (sans vouloir baver personne, on a un temps magnifique depuis notre arrivée à Kamouraska... On en oublierait presque que l'été a été pourri!)

Didier Constant

Tout est relatif

15 août - 209 km
Aujourd’hui, j’ai remis les clés de la FJR 1300 à mon collègue, Denis. En retour, il m’a rendu celles de la CBF1000. La «petite» Honda se manie comme un charme, surtout après la FJR qui pèse quand même 50 kg de plus avec des valises. Je me sentais aux commandes d’une GP250! Échange judicieux puisque nous sommes allés faire des photos avec le patron sous un soleil de plomb, dans les environs de Chambly. Dans ces conditions, les demi-tours auraient été pénibles avec autre chose que ma petite Honda. Les photos en courbe se sont soldées par ma botte entrant en contact avec le sol, à ma grande surprise. C’est dire l’angle d’inclinaison prononcé que peut prendre notre long terme. Dans la circulation dense (on est resté coincé plus d'une demie-heure dans un embouteillage sur la 20, avant d'arriver au tunnel), lors du retour, le moteur ne semblait pas chauffer outre mesure. En fait, le gros de la chaleur venait du dessus (le soleil) et non du dessous (le moteur). Pauvre Denis sur la FJR, lui il en a bavé!

Ugo Levac

Livraison express

11 août - 222 km
Entre deux averses, j’ai pu rouler notre Varadero comme je le souhaitais. Sur les montagnes russes de la montée de l’Église, à St-Colomban, la hauteur de la Varadero transformait chaque descente en tour de manège, avec haut-le-cœur à la clef. On aime ou on aime pas. Personnellement, j’adore; les sensations sans les files d’attentes. Dans cet environnement, la Honda s'amusait dans les courbes comme un ado aux autos-tamponneuses. Malgré les graviers sur la route (on en voit dans tous les virages sur la 327), je faisais exprès pour rouler dessus. Je les sentais bien sous la roue, mais j’étais en confiance; je n’avais pas l’impression que l’arrière cherchait à se dérober. C’est peut-être entre les deux oreilles, mais dans mon cas, ça a marché. Le pare-brise, placé en position haute, provoque une subtile, mais agaçante turbulence au niveau du front, à environ 105/110 km/h. L'accélérateur est précis et instantané. Les valises sont pratiques et j’ai profité de ma virée pour faire une petite épicerie avant de rentrer. Cependant, le poids haut perché de la Varadero est un sérieux handicap pour un pilote de ma stature. Tant que la vitesse demeure en haut de 20 km/h, on ne le ressent pas. Mais en deça de cette marque, le maniement est très délicat, plus que sur les autrse motos que j'ai essayées.

Ugo Levac

Thérapie de couple

23 juillet/5 août - 1 246 km
Je m'ennuie déjà de la Varadero. Tout comme les passagères que j'ai embarquées derrière moi regrettent le confort de cette routière hors norme. Douce et docile, la Varadero a été la complice de la plupart de nos escapades en duo. Dont plusieurs sorties de longue haleine (Montréal/Tremblant par le chemin de écoliers, soit 346 km dans la journée), parfois sous une pluie battante (le triste reflet de l'été 2008). La conduite de cette «fausse» double usage reste néanmoins un des grands plaisirs de cette saison. Jouissive, serait le mot exact pour traduire la sensation que l'on ressent lors des premières accélérations ou des reprises, spécialement lors de dépassements. La saison n'est pas terminée, mais la Varadero, bien qu'elle soit inutilement lourde, s'avère «ma moto de l'année» ( à moins bien sûr, que notre rédacteur en chef, ne nous réserve d'autres surprises)...

Denis Vayer

Sueurs froides

07 août - 135 km
Ça doit bien faire 9 ou 10 jours d'affilée qu’il pleut. Et Environnement Canada annonce de la pluie jusqu’au retour de la Varadero chez «l’boss ». Pourtant, je veux la rouler, moi. Alors, il ne me reste qu'une seule solution. Sortir mon habit de pluie des boules à mites. C'est incroyable comme le moteur est doux et le couple omniprésent. J’ai roulé quelques kilomètres à des vitesses d’autoroute avant de m'apercevoir que je n’avais pas enclenché la sixième. Je ne m'en rendais pourtant pas compte.

J’ai beaucoup sué aujourd’hui. D’abord, j’ai eu droit à la procession des «papys aveugles lents du Québec» pendant le premier tiers du trajet. Puis, bien évidemment la pluie s'est mise à tomber en si fines gouttelettes sur ma visière que je n’arrivais pas à regarder à travers les tâches d’eau! La route menant à St-Sauveur, en passant par St-Colomban, est ponctuée de nombreuses collines qui, du haut de ma moto en échasses, me sont apparues encore plus excitantes. Belle balade!

Devant le nombre de chantiers de construction qui ont poussés sur la 364 ces derniers temps, j’ai décidé de joindre Morin-Heigts et St-Calixte en coupant par un chemin en plutôt mauvais état. Après tout, j’ai une aventurière! Une chance, car la route (dont j’ignore le nom) était si défoncée que je me compte chanceux d’avoir pu me rendre à destination sans chuter. Normalement, les suspensions de la Honda gomment très bien les imperfections de la chaussée, mais là, c’était comme rouler sur une piste de motocross. Les freins m’ont semblé bien ordinaires. Comme s'ils manquaient de mordant. J’ai finalement abouti sur le rang X de St-Calixte; ça c’est loin. L’autonomie permise par le gros réservoir (plus de 400 km) est tout à fait satisfaisante. Moi qui me plaint toujours du manque d’autonomie de la plupart des motos modernes, me voila enfin contenté... Il ne me reste plus qu'à faire une vraie «ride» pour en profiter!

Ugo Levac

Joyeusement déboussolé

06 août - 47 km
Je connais par cœur les 47,6 km qui séparent ma maison du garage aux merveilles du «Boss». Rien de spécial à noter cette fois-ci. Si ce n'est que je suis revenu aux commandes de la très (trop) lourde Varadero. Je ne sais encore qu’en penser puisque je venais à peine de descendre de la K1200GT. C’est un peu comme manger de la pizza après du gâteau. C’est bon, mais les sens sont troublés. Je me suis surpris à sourire à mon insu à plusieurs moments si ça peut être un indice. Loin d’être pointu le moteur livre un généreux couple qui ne propulse cependant pas le pachyderme à la même vélocité que la BMW... Ma seule autre comparaison en terme de bicylindre d’un litre remonte à 5 ans alors que j’avais fait un essai timide de la SV1000, un moteur qui arrachait définitivement plus. Le maniement de la Honda à l’arrêt est épouvantable. Il m’a fallut au bas mot 5 grosses minutes pour parvenir à la placer dans mon étroit cabanon. De plus, j’ai pratiquement échappé le monstre à deux reprises (j’espère que mon patron n’a pas lu cette dernière ligne...). Le poids n’est pas vraiment un problème une fois en mouvement. Cela clos les premières impressions. Il va falloir que je l’amène sur ma route préférée, comme je l’ai fait avec toutes les autres montures, pour m’en faire une idée plus juste. Poids mis de côté, le bilan provisoire est somme toute positif.

Ugo Levac

Passager clandestin...

22 juillet - 139 km
En 38 ans de moto, j'ai rarement été passager. Le confort relatif de la plupart des motocyclettes ne m'inspire pas à rouler des heures durant, avec en gros plan, l'arrière du casque du pilote. Néanmoins, entre «passager clandestin» sur une moto et «sardine à la sueur» dans un autobus, je n'hésite pas longtemps. C'est ce qu'on appelle faire contre mauvaise fortune bon cœur. Lundi dernier, j'ai joué les surplus de bagages, contraint et forcé, pendant 92 mn, à l'arrière de la Honda Varadero, (la plupart du temps sur autoroute). Malgré une position quelque peu balancée vers l'arrière à cause des poignées de maintien placées un poil trop en arrière, le confort reste honnête. Comparativement aux customs ou aux sportives, rien à voir. La Honda, c'est le gros luxe! Je me demande comment font les «hôtesses de l'R» assises sur ce genre de machines. Je leur lève mon chapeau! À défaut d'être un passager «professionnel», je dois dire que cette courte expérience n'a pas été aussi pénible que je l'anticipais... De là à dire que je renouvellerais l'expérience régulièrement, il y a un pas que je ne franchirais pas cependant...

Denis Vayer

Adieux prématurés...

22 juillet, 181 km
Croyant que «Le Boss» rapatrierait la Honda chez lui définitivement, dans quelques jours (finalement ce n’était qu’une rumeur) et notant qu'Environnement Canada annonçait de la pluie toute la semaine, j’ai laissé femme et enfant pour aller «carresser» les courbes vicieuses de la 347 Nord, dans le coin de St-Côme. Difficile de croire que la chaussée, pourtant neuve il y a 5 ans, puisse s'être dégradée aussi vite. La moto n’en a pas trop fait de cas. Les gros cailloux en pleine courbe ont cependant donné des sueurs au pilote... Il y avait de la tristesse dans cette balade car je croyais ne plus devoir piloter la CBF cette saison. Je me remémorais tout le bon temps passé en sa compagnie et comment notre relation avait évolué au fil des kilomètres. Je suis rendu à un point où à la question qui tue «est-ce que j’en achèterais une ?» je réponds maintenant : si Honda pouvait en faire une bleu cobalt et si je pouvais l'avoir sans le foutu support à GPS que «Le Boss» a planté dessus, alors oui!

Ugo Levac

Aigre doux

19 juillet - 422km
Une grosse journée en selle avec notre monture long-terme. Une journée avec beaucoup de joie, mais aussi énormément de frustration. Parti pour Mont-Laurier alors qu’Environnement Canada annonçait de l’orage, j'avais prévu plusieurs scénarios au cas où la météo rendrait mon périple potentiellement casse-cou. Mon inquiétude numéro un restait les milliers de colons qui trimballent une tente roulotte car, aujourd’hui, c’était le premier jour des vacances de la construction.

Chaque fois que j’enfourche la Honda, ça me prend plusieurs kilomètres pour me réhabituer au couple. Lors des premiers départs, j’ai toujours l’impression qu’elle va m’arracher les bras alors que ma tête veut partir vers l’arrière; j’adore. Quelques 50 km avant l’objectif, un embouteillage monstre interrompt mon avancée. Je ne me fais pas prier pour faire demi-tour et attaquer mon plan B : la 329 suivit de la 364, puis la 327... Miam! Ça va être bon. Sauf que la SQ m’a demandé de me tasser à un point de contrôle avec cinq voitures patrouilles pour me «sensibiliser» parce que la 364 a fait 70 victimes (dont six morts) depuis trois ans. Dont deux la semaine dernière; des super-héros qu’ils les appellent (quel mépris). Le constable m’a parlé de marmottes et de sable dans les courbes... donc finalement rien qui soit du contrôle des motocyclistes! J’étais complètement débandé et résigné à retourner chez moi. Je me suis demandé ce qu’aurait fait mon boss. Il y serait allé pareil et il aurait roulé encore plus vite. C’est exactement ce que j’ai fait et ça valait la peine. Le pied cette CBF! Elle est comme un train tellement c’est stable. Et le moteur est onctueux.

Je me suis rendu compte que la plupart des limites de vitesse endorment et que le seuil de réveil est juste au-dessus de la plupart d'entre elles. Combattre le feu par le feu : quand on sait combien de victimes le sommeil au volant fait, on devrait poursuivre les responsables des limitations de vitesse pour avoir mis nos vies en danger!

Arrivé à Lachute, la ville était bloquée en raison d'un festival. J’ai donc prolongé vers St-André. Et là, il a commencé à faire vraiment chaud. Le gros bloc de la CBF1000 dégage beaucoup de chaleur. Rien d’anormal, mais tout de même assez pour vous forcer à ne pas rouler en sandales par exemple.

Je finirais par une question : pourquoi les gars en Harley refusent systématiquement d’envoyer la main, alors que les autres conducteurs de customs le font avec plaisir?

Ugo Levac

Rapprochement familial

16 juillet, 47 km
La CBF1000 peut servir à rapprocher la famille. J’en ai fait la démonstration aujourd’hui en allant rendre visite à ma belle-sœur. La Honda est rapidement devenue le centre d’attraction de mon neveu et de ma nièce qui s’étaient déguisés avant mon arrivée. J’ai même fait la course contre Axël en pleine rue, un geste qui m’aurait sûrement valu une suspension de permis à vie selon la SAAQ. Il est vite le p’tit criss. Il a gagné! Logique! Entre vous et moi, je n’ai pas trop utilisé le couple disponible. Bref, une petite journée toute simple où notre moto à long terme a fait tout ce qu’on lui demandait... et même un peu plus.

Ugo Levac

Une surprise...

16 juillet - 326 km
La CBF est une moto qui passe facilement inaperçue, avec son allure presque drabe, malgré quelques petites touches «sportives» que l'on découvre dès que l'on s'approche de l'engin (pot d'échappement ovale et carénage taillé à la serpe). Quand je l'ai enfourchée, la première fois, je n'étais pas du tout dépaysé. Tout était là, à la bonne place. Pas de surprise! Douce, civilisée et facile à prendre en mains, la CBF se révèle sous son vrai jour lorsque l'on tord la poignée des gaz. Bonne réponse, puissance plus que suffisante, reprises assez franches pour effectuer des dépassements rapides sans devoir descendre un ou deux rapports, le quatre-en-ligne de 1000 cc livre la marchandise et si l'on se laisse aller, on se retrouve vite à des vitesses «politiquement incorrectes». Heureusement, on peut profiter à loisir du couple important de ce moteur, une chose rare pour un quatre cylindres, qui ne fera peut-être pas tourner les têtes, ni chambouler les cœurs, mais qui saura se faire apprécier par sa polyvalence extrême, son confort surprenant, même en duo et sa capacité à se faire oublier au profit de la balade. Et ça, ça n'a pas de prix!

Denis Vayer

Varadero, mon amour!

14 juillet - 600 km
Un nom exotique qui fait rêver les voyageurs au long cours. Pas nécessairement belle, elle a néanmoins un look accrocheur et du «chien»! Mais l'émotion n'est pas visuelle dans le cas de cette voyageuse hors pair. Avec elle, c'est à son guidon que tout se passe, malgré un surplus de poids qui surprend dès la prise en main. Néanmoins, on trouve instantanément sa position de conduite géniale. Le coup de foudre n'est pas loin, car on s'habitue très vite à son confort exceptionnel et à la douceur de son V-twin coupleux et puissant. Des nombreuses routières que j'ai eu l'occasion d'essayer ces dernières années, la Varadero est l'une des plus accomplies. En fait, on ne lui trouve pas vraiment de défauts, sauf lorsqu'on est obligé de manier «la bête» à la main. J'ai eu l'opportunité de la piloter de nuit et le double optique est digne des éclairages survoltés de certaines voitures de rallyes, sécuritaire et agréable. Aux vitesses légales au Québec, on note un léger temps de réponse lors des reprises en sixième. Il faut parfois descendre un rapport pour doubler, mais on s'y habitue vite et la manœuvre vient rompre la monotonie des autoroutes rectilignes. Le but de cette Honda est de satisfaire les «rouleux» et elle y parvient à merveille. Ces derniers devront être assez grands et musclés cependant pour manoeuvrer cette dernière avec armes et bagages, car la «bête» est haute et lourde. Bonne tenue de route et confort royal : les impératifs premiers du cahier des charges de la Varadero sont remplis. Mission accomplie! Le mot de la conclusion «Que du bonheur!»

Denis Vayer

La sportive «furtive»

11 juillet - 120 km
La CBF, comme la Varadero, n'annonce pas ce dont elle est capable. Au premier coup d'oeil rien de bien distinctif; tout est gris : carrosserie, moteur, roues. Le demi-carénage dévoile non pas des bracelets, mais un guidon tubulaire chromé qui donne à cette moto en quête d'identité une position de conduite de roadster. Un vrai «sleeper» que cette Honda! Il suffit d'ouvrir les gaz pour se rendre compte de son potentiel. Tout fonctionne à merveille sur cette moto : des accélérations linéaires, mais puissantes, des reprises franches sur n'importe quel rapport et un freinage exceptionnel.

La CBF est étonnamment performante malgré son allure trop sage et surprendra sûrement plus d'un Rossi en herbe à bord de sa RRR. La position de conduite est très confortable et la facilité de prise en main est surprenante, grâce en partie à sa puissance utilisable sur toute la bande.

La grande force de cette moto est peut-être justement qu'elle passe inaperçue, la moto «furtive» (en référence à l'avion américain stealth) par excellence pour ceux qui sont à l'aise avec leur image. Malheureusement pour moi, la moto n'est pas un grille-pain ou un système de chauffage dont on juge l'utilité par l'efficacité. La moto c'est une histoire de passion avant d'en être une de raison.

Faisant abstraction du look de ces deux Honda (critère très personnel, j'en conviens) pour ne parler que du plaisir de les piloter, j'avouerai que la CBF s'avère une moto plus agréable à conduire en solo, alors que la Varadero est d'une polyvalence surprenante, ce qui en fait une routière sportive sans pareille pour rouler en duo. Avec elle, «la madame elle est contente!».

Claude Privée

Une sportive en habits de routière

11-12 juillet - 420 km
À la suite de l'invitation de Didier à faire l'essai des deux Honda qui trônent dans son garage, je me rends chez lui et monte à bord de la Varadero. Je dis bien «monter à bord» parce que malgré mes 6 pieds, il est assez surprenant de chercher le sol avec son pied aux premiers arrêts et aux intersections. Surprenant aussi que le poids de la bête, exacerbé par la hauteur de celle-ci, disparaisse aussitôt qu'elle est en mouvement, même à basse vitesse. Sa généreuse garde au sol s'avère vite un plus sur nos routes dégradées. Là où habituellement on sert les dents et où on se lève de selle pour franchir un obstacle avec une moto classique, avec la Varadero, on reste bien assis, comme dans une grosse voiture américaine d'antan. La tenue de route en souffre à peine. On sentira bien le guidon s'alléger à l’accélération sur les bosses, mais rien de déstabilisant et la moto reprend son aplomb aussitôt. La tenue de route est exceptionnelle compte tenu du poids de la bête, et très rassurante en raison de sa stabilité en courbe, même sur chaussée irrégulière. Le freinage est adéquat même en usage abusif; on oublie facilement sa complexité et l'assistance de l'ABS semble très efficace puisqu'on ne sent pas sa présence.

Notre virée qui ressemblait plus à une sortie sportive qu’à une escapade champêtre, bien que la route choisie traversa les champs de la région de Lanaudière, m’a permis de découvrir la Varadero sous un angle que je n’avais pas envisagé. Contrairement à ce que son look laisse présager, elle pointe facilement son nez dans les rétroviseurs d'une moto sportive grâce à son couple généreux et à ses suspensions qui semblent aplanir les bosses sur les petites routes secondaires. Le retour de cette balade «full tilt adrénaline» se fit par l'autoroute, de manière tout à fait civilisée. Là, le twin devint silencieux et doux comme le six à plat d’une GoldWing, ce qui présage bien pour la randonnée prévue pour le lendemain.

Samedi matin, le Roi, la Reine et le p'tit Prince..., ou plutôt moi et ma conjointe rejoignons Didier et sa femme pour une balade en Estrie en cette belle journée d'été. Mais d'abord, la Métropolitaine, l'autoroute 10, les embouteillages jusqu’à la sortie de St-Jean-sur-Richelieu où nous sortons pour prendre la 133 jusqu’à Pike River. De là, nous piquons à travers champs jusqu’à Mystic où nous faisons une halte repas. Si je m'habitue à la hauteur de la moto lors des arrêts, je garde toujours l'oeil ouvert pour m'assurer où je poserai le pied. Tout se passe bien, rien ne frotte, même dans la portion «Grand Prix» de la 235 Sud entre Bedford et St-Armand, une route sinueuse et fraichement pavée que nous empruntons à bonne allure. Alors que la moto a passé une bonne partie de ce trop court épisode inclinée à 45 degrés plutôt qu'à 90 degrés, ma conjointe parlera du confort de la selle et de la redécouverte du plaisir de rouler, elle qui d'ordinaire peine après une heure en selle.

Le seul bémol selon moi, hormis la hauteur de la selle de cette moto qui a tout d'une sport touring, serait son look issu d’une bédé nipponne. Étrange pour une moto qui, vraisemblablement, ne s'adresse pas à la génération «Transformers».

Claude Privée

Ce n'est pas encore l'amour, mais ça y ressemble!

27 juin - 200 km
Ce matin un brouillard épais enrobait le paysage. Je me suis d’abord promené très paisiblement à travers ce décor vaporeux, humant les arômes persistantes de fleurs, puis j'ai augmenté la cadence. Il a fallu que j’emmène la CBF virevolter sur ma route sinueuse préférée dans les monts laurentiens pour que nous fassions définitivement la paix. Un délice dans les courbes. Je me suis amusé à rouler en 6e, lâchant l’accélérateur à l’approche d’un virage plus serré, en utilisant le couple pour décoller avec autorité à sa sortie. Très plaisant.

Ugo Levac

Éloge de l'équilibre

17 juin - 357 km
Nous sommes partis à trois, par temps maussade, sur les routes de la Montérégie: toute une aventure pour essayer la Honda Varadero. Moto polyvalente, confortable et pas encore victime des surprimes de la SAAQ, elle fera le plaisir de beaucoup de motocyclistes du Québec. Une moto qui fait tout bien, mais n'a ni points forts, ni points faibles. L'équivalent dans le monde moto de la Honda Accord dans celui de l'auto. Des trois motos que j'ai essayées cette journée-là (il y avait aussi une BMW R1200GS Adventure et une KTM Adventure 990), c'est ma préférée pour les petites balades à des vitesses «confortables». Et vu la compétition à laquelle elle se mesure, ce n'est pas peu dire. Si le «Boss» veut qu'on reprenne la route vers Kamouraska, je serai le premier à me porter volontaire pour enfourcher cette Honda. Ça permettra à la Varadero de voir d'autres paysages...

Guy Parrot

J'ai roulé avec le «Boss»... Yeah!

11 juin - 313 km
Aujourd’hui c’était le grand jour : j’allais enfin pouvoir rouler avec le patron. Une grosse moto m’attendait chez lui, la CBF m’a donc uniquement servi à me rendre chez lui et à en revenir (ainsi qu’à finir la ride au menu). Particularité des déplacements du jour? Je me suis trouvé sur les ponts de Montréal à 8 heures et à 16 heures. La Honda a passé le test du trafic. L’absence de poids sur les poignets et la hauteur relativement faible de la selle furent grandement appréciées.

Ugo Levac

En route vers Oka...

7 juin - 165 km
En ce samedi ensoleillé, je goûte à la joie de croiser des passionnés et leur envoyer la main. En route vers Oka, où les pommiers en fleurs sublimes dégageaient un doux parfum, j’ai pu apprécier la position de conduite relevée qui découle d'un rythme plus «touristique», pour ne pas dire «pépère». On a sa fierté quand même... À l'attaque de ce qui pourrait vaguement ressembler à une tentative de record de vitesse (Allo! Le livre des Records Guinness?) dans mon coin désert préféré, j’ai été à même d'apprécier la puissance des freins ABS alors que la courbe où je décélère habituellement a été transformée, depuis mon dernier passage, en un ahurissant virage à angle droit avec un panneau d'arrêt!

Ugo Levac

Merci M. Honda pour l'ABS!

2 juin - 303km
Après avoir mis à exécution le conseil de mon rédacteur en chef et changer ma position de conduite trop rapprochée du réservoir, j’ai découvert une selle beaucoup plus confortable sur la CBF. J’ai au bas mot doublé le kilométrage à partir duquel mon popotin commence à réclamer une pause. Reste quand même que Honda devrait regarder ce qui se fait du côté de la Bayerische Motoren Werke. L’ABS m’a encore une fois été utile; un nono de la pire espèce ,avec une remorque de camping a mis son clignotant à droite et à la dernière seconde (alors que je commençais à le doubler) s’est rendu compte qu’il devait allez à gauche. Le tout, sans angle mort et avec énergie en plus! Vivement l’ABS!

Ugo Levac

Le plaisir croît avec l'usage

30 mai - 107 km
Quel plaisir d’être sur la route sans la pluie. Je goûte aux joies des odeurs; gazon frais, fleuraisons multiples, bœufs en santé et sapins verts. Par contre il vente fort et la protection dans ces conditions est limite. Tout ce qui ne se trouve pas entre mon thorax et mes genoux est malmené par Dame Nature. L’instrumentation analogique démande une adaptation, j’ai pratiquement oublié comment lire ce type de compteur. En route pour Lachute, la 158 semble interminable, puis ma montée à Morin-Heights est ponctuée de nombreux arrêts pour faire des photo. Ce qui me donne de nombreuses occasions de me catapulter en jouant à 0-140 à qui mieux-mieux. Je me demande jusqu’où on peu faire virer un moulin encore en rodage? La CBF me fait sourire pour la première fois. Bien réchauffé, je rebrousse chemin et y vais d’un rythme plus soutenu dans les grands virages de la 329. Pas pire, ça tient son cap sans difficulté.

Ugo Levac

Absence de courbes

28 mai - 190 km
Rien de mieux qu’une petite virée par un maigre 13 degrés dans la région de St-Hyacinthe et ses grandes routes droites désertes pour me rappeler à quel point je ne suis pas réellement un aspirant campagnard, mais plutôt un heureux banlieusard de 3e couronne. Ça aide aussi à se souvenir qu’il est gratifiant d’utiliser le guidon (chose que je n’ai à peu près pas faite aujourd’hui). Je me rends compte qu’il m’arrive très souvent de chercher le 6e rapport alors qu’il est déjà engagé. Le moteur pourrait tourner un peu plus bas mais en revanche ça autorise des reprises du tonnerre. J’ai poussé l’autonomie du réservoir de 19 litres à ses limites « confortables », m’arrêtant pour faire le plein seulement 15 km avant le retour à la maison.

Ugo Levac

Premier contact humide

21 mai 2008 - 79 km
Ma première prise de contact avec la CBF1000 s’est plutôt mal déroulée jusqu’à date. Après l'avoir ramassée chez Didier, je l'ai ramenée chez moi sous une pluie battante, les éclairs en prime. J’ai dû attendre 48 heures avant de pouvoir la sortir. Avec un poupon de 2 semaines à la maison qui me détruit les tympans, j’avais hâte! Malgré un ciel relativement clément, il s’est mis à pleuvoir à la seconde même où j’ai posé mes fesses sur la selle. Tant pis; va pour une courte balade chez ma maman. Première note : hum... couple généreux, quoique moins que la Bandit 1250S. Il semble manquer un punch en haut par contre, faudrait vérifier plus tard. Bon, ma mère n’est pas là. Va pour un crochet, sous la pluie, à St-Jérôme avant le retour. La protection aux éléments me semble correcte. Il me tarde que le ciel se dégage dans les prochains jours pour faire du sérieux millage parce que là, j’ai mangé mes bas.

Ugo Levac

Une saison sous le signe de l'aventure


Du 11 au 14 mai derniers, Honda Canada nous a invité au lancement officiel des CBF1000 et Varadero 1000 dans la région de Lanaudière. Ces deux machines qui constituent la pierre angulaire du nouveau plan de développement du Géant Rouge sont présentées comme des motos d'aventure d'un nouveau genre. Comme elles correspondent parfaitement au thème que nous avons choisi pour cette saison 2008, nous avons contacté Honda Canada afin d'obtenir une CBF1000 et une Varadero pour la saison dans le but de  voir comment elles s'acquittent de leur mission. Une demande à laquelle Honda a tout naturellement acquiésé.


La Varadero et la CBF1000 nous accompagneront donc durant tout l'été. L'occasion parfaite pour réaliser un essai plus détaillé de chacune d'elles. Personnellement, j'ai déjà parcouru plusieurs milliers de kilomètres à leurs guidons, en Europe (voir l'article «La côte atlantique française à moto» dans la section VOYAGES de motoplus.ca). J'ai une bonne idée de ce qu'elles valent sur le terrain, mais il reste maintenant à établir leur performance dans la durée. Nous vous proposons donc ce blogue sur lequel nous relaterons nos expériences au quotidien et où vous pourrez réagir en direct. N'hésitez pas à commenter ces articles ou à nous poser des questions. Bon été et bonne route!

Didier Constant
Rédacteur en chef